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Mon chien se gratte

Mon chien se gratte. Il serait "allergique", nous dit-on. Et si, en réalité, les raisons étaient ailleurs…

Mon chien se gratte, il fait une pyodermite…

Le nombre de chiens qui se grattent ne fait qu'augmenter. Cela va parfois jusqu’aux infections : les pyodermites. Pour d’autres le diagnostic semble encore plus grave : il s’agirait d’atopie. L’atopie est une « prédisposition génétique aux allergies ». Un tel diagnostic sous-tend le fait que les problèmes étant d’origine génétique, votre chien devra être traité à vie, puisque l’origine « est en lui ». Peut-être. C’est une interprétation qui fait d’ailleurs la part belle aux formulations industrielles dites hypo allergènes. Et il y a en réalité d’autres explications. Je vous propose d’en faire le tour, au moins des plus fréquentes et de très loin. Et partant de là il sera intéressant de voir s’il n’est pas possible d’éliminer ces causes et d’obtenir par voie de conséquences que les choses rentrent dans l’ordre… définitivement pour peu qu’on ait pris soin d’éliminer toutes les causes.

Les problèmes de grattage chez le chien sont dus très majoritairement aux facteurs suivants :

  1. Facteur externe
  2. Facteur comportemental
  3. Facteur interne

Le facteur externe:

Ce n’est pas le plus fréquent mais il convient de l’éliminer d’emblée. La présence de parasites externes peut entraîner des réactions de peau : les puces le plus souvent. La puce pique, irrite, le chien se gratte, la peau s’abîme et sous l’effet de la chaleur (l’été y est très propice) cela peut aller jusqu’à la pyodermite. Il suffit d’éliminer les puces pour que les choses généralement rentrent dans l’ordre. Néanmoins une telle réaction est souvent révélatrice d’une peau en mauvais état et cela est dû au facteur interne (voir plus avant).

Il faut aussi éliminer la piste du Demodex. C’est rare mais ça peut arriver.

Attention : Il y a aussi un autre élément externe ou plutôt extérieur qui intervient sur l’état de la peau : la chaleur ou plus exactement la température. En effet ce sont bien les changements de températures qui dans la nature déclenchent les mues. Sauf que le chauffage de nos maisons (et plus encore le chauffage par le sol) dérègle le système. Le chien fait des mues successives et permanentes et quand la température est trop élevée (pour le chien s’entend et pas nécessairement pour nous) cela affecte jusqu’à l’intégrité de la peau : la peau peut sécher et se détériorer sérieusement. L’idéal est de faire coucher le chien dans une pièce soit non chauffée, soit à température modérée, sur un sol non chauffé ou, en cas de chauffage par le sol, de surélever son tapis ou sa corbeille pour qu’il ou elle soit le plus isolé du plancher chauffant.

Le facteur comportemental.

Même si ce n’est pas souvent le facteur majeur, on oublie très souvent que le stress est sans aucun doute un facteur aggravant, voire un facteur déclenchant. Sur ce point, il convient d’intervenir sur le mode de vie, le cadre de vie du chien : certaines règles de relation avec la famille doivent impérativement être mises en place pour éviter qu’il ne stresse ou angoisse. Cette situation est bien plus fréquente qu’on ne le croit y compris chez de très nombreux propriétaires qui pensent, de bonne foi, faire tout ce qu’il faut pour que leur chien vive bien. Il faut impérativement éliminer les causes de stress dues au milieu.  Et bien sûr plus on interviendra, par l’alimentation et des produits complémentaires, sur la qualité de la peau, plus on réduira les effets du stress. Mais il faut quand même s’attaquer aux causes du stress bien sûr.

Le Facteur interne.

C’est sans aucun doute le facteur majeur de tous ces problèmes de peau. Et il nécessite quelques explications. Commençons par noter que ces problèmes de peau, ces pyodermites, ces dermatites atopiques, etc. sont de plus en plus fréquentes et concernent de plus en plus de chiens, de plus en plus de races et des individus de plus en plus jeunes. Ce simple constat doit nous mettre déjà sur la piste. Posons-nous la question : pourquoi aujourd’hui et surtout pourquoi plus aujourd’hui qu’hier ?

Comprendre le mécanisme

La peau est bien souvent (pour ne pas dire presque toujours) le reflet de l’état physiologique, le reflet d’un « problème interne ». En fait la peau est l’organe qui va servir d’exutoire au foie. Les toxines et les déchets que le foie n’arrive pas à éliminer (cf. « Le foie, organe oublié ») vont alors migrer et s’installer dans la peau.

Tout commence donc dans le système digestif : si, pour des raisons diverses (cf. article « L'importance de la flore intestinale ») la flore intestinale ne fonctionne pas correctement, et que, comme conséquence ou à cause d’autres facteurs aussi, la muqueuse intestinale se détériore, alors les mauvaises bactéries, les déchets et les toxines traversent la barrière intestinale. Tous ces déchets se retrouvent dans le flux sanguin. Le foie tente alors de les éliminer. Mais très souvent (de plus en plus) il ne peut pas fournir, tant ils sont nombreux. Le foie est tout simplement débordé. Alors tout ce qu’il n’arrive pas à éliminer via les voies naturelles (voies urinaires et selles), est stocké temporairement dans le tissu conjonctif de la peau. Et quand le corps doit stocker une quantité trop importante de déchets et de toxines, le tissu cellulaire se retrouve lui aussi en surcharge. Avec pour conséquence que la cellule ne peut ni absorber davantage ni excréter. Elle « s’enflamme ». Et « ça gratte ». Et comme ça le démange, mon chien se gratte, ce qui a pour effet d’irriter davantage. On peut alors donner un produit qui arrête les démangeaisons (un corticoïde par exemple) mais il ne s’attaque pas aux causes. Il s’attaque aux effets seulement.

Comment en arrive-t-on là ?

Ce n’est hélas pas bien compliqué à comprendre. Depuis quelques années nos chiens ne mangent que des « aliments » qui sont le résultat de techniques « modernes » de fabrication (extrusion industrielle, conserves en boites ou sachets). Ces techniques, pour très rentables qu’elles sont aux yeux du fabricant, ne sont pas sans conséquences sur la « qualité » finale de l’aliment :

  • Les hautes températures, hautes pressions transforment radicalement les matières premières utilisées. Elles provoquent des restructurations moléculaires et peut-être même des recombinaisons moléculaires de certains ingrédients entre eux. Pour faire simple l’ingrédient de départ n’a plus rien à voir avec ce qu’il est devenu dans la croquette finale. (Cf. « La fabrication des croquettes »).
  • Ces chauffages à hautes températures et les fortes pressions associés à certaines « fibres » ralentissent le transit intestinal. Elles créent en quelque sorte une espèce de constipation artificielle. Le manque de mouvement intestinal entraîne un encrassement de la paroi intestinale qui devient alors un milieu de développement favorable aux mauvaises bactéries et nuisible aux bonnes. La paroi intestinale est alors moins perméable ou au contraire irritée si le travail digestif se fait très mal.
  • Ces aliments industriels contiennent de très nombreuses molécules chimiques qui proviennent : soit de réactions chimiques lors du chauffage à hautes températures, soit tout simplement du fabricant lui-même qui les a ajoutées.

Ainsi donc on y trouve :

  • de l’acrylamide (reprotoxique, cancérigène avérée, neurotoxique),
  • des conservateurs ou antioxydants (BHA ou E320, BHT ou E321, E324 ou Ethoxyquine – tous cachés sous les appellations « Additifs CE » ou « Additifs CEE »),
  • des exhausteurs de goût,
  • des arômes artificiels,
  • Etc.

Ces aliments industriels contiennent pratiquement tous des matières grasses raffinées. Ou bien encore des mélanges de matières grasses dont on ne sait pas du tout ce qu’elles sont en réalité ni d’où elles viennent. Les traitements thermiques (lors du raffinage) transforment profondément la structure de ces matières grasses. Avec pour conséquences :

  • Un fonctionnement de l’intestin grêle perturbé, ce qui entraîne une mauvaise digestion des protéines et enfin la production de toxines.
  • Une surcharge pour le foie, avec les conséquences que l’on sait maintenant pour la peau.
  • Ces aliments industriels sont majoritairement faits, (dans l’ordre d’importance d’utilisation) à partir de déchets de céréales, de céréales et en dernier de protéines animales. Et encore ne sait-on pas de quelles protéines animales on parle et surtout ce qu’elles sont : la peau, les tendons, les os bouillis sont considérés comme des sources de protéines animales.
  • Ces aliments industriels ne contiennent généralement pas suffisamment d’acides gras essentiels (Oméga 3) parce que les sources d’Oméga 3 coûtent cher. Et pourtant ces précieux Oméga 3 sont nécessaires au chien pour nourrir sa peau en profondeur et la maintenir en bonne santé.

Au final il n’est donc pas surprenant que des carnivores nourris :

  • majoritairement avec des déchets de céréales ou des céréales.
  • avec des aliments contenant des ingrédients déstructurés par les processus de fabrication industrielle , une somme considérable de molécules chimiques artificielles.
  • avec des aliments qui provoquent très souvent un dysfonctionnement du système digestif, entraînent une surcharge hépatique, ne contiennent pas suffisamment d’acides gras essentiels.

Connaissent des problèmes de peau, mais aussi soient sujets à des « allergies », aient des problèmes digestifs, d’oreilles, de glandes anales, etc.

Et pour en revenir à mon interrogation initiale : tout cela est apparu et s’accroit depuis et avec l’apparition… des processus de fabrication industriels.

J’ajouterai enfin un dernier facteur interne à prendre en compte comme un facteur aggravant : le parasitage interne. Normalement une bonne hygiène et des traitements réguliers devraient mettre à l’abri. On préfèrera bien évidemment utiliser une formule naturelle à base de plantes plutôt qu’un vermifuge chimique synthétique, certes efficace (et encore cela dépend des molécules utilisées), mais non sans effets secondaires.

Mon chien se gratte : quelles solutions ?

Eliminer les causes externes :

  1. Les parasites externes : puces, tiques, demodex, etc. Mieux vaut alors utiliser une solution naturelle à base d’extraits végétaux et ou d’huiles essentielles  plutôt qu’un insecticide agricole reconverti en anti puces pour chiens ou chats. Vous comprenez maintenant pourquoi il vaut mieux éviter les antipuces ou tiques issus de la chimie artificielle : ces molécules viennent s’ajouter directement par contact aux autres toxines que l’organisme et la peau n’arrivent déjà pas à gérer.
  2. La température : gérez, si besoin, la température de manière à ce qu’elle n’entraîne pas une mue permanente.

Eliminer la cause comportementale : la ou plus souvent les sources de stress. C’est l’affaire d’un bon comportementaliste. Je reviendrai sur ce sujet.

Eliminer les causes internes. C’est ce que nous allons voir.

Eliminer les causes internes.

Il faut, vous vous en doutez, changer d’alimentation et passer votre chien à un aliment naturel, c’est-à dire non traité à hautes températures et donc non extrudé ou non stérilisé (conserves et autres sachets).

Attention : on voit fleurir sur internet (même sur des sites dédiés aux produits naturels) et ailleurs des aliments « naturels » qui n’en portent que le nom. Ce sont toutes des croquettes industrielles extrudées pures et dures dont certaines même, à base de céréales, sont vendues à prix d’or.

Attention également : toutes les croquettes bio sont des croquettes industrielles extrudées.

Il faut donc passer à un aliment sain et aussi bien sûr intervenir sur :

  • Le système digestif
  • Et le système hépatique

Après seulement on rajoutera à la formulation alimentaire appropriée un complexe d’acides gras essentiels qui, additionné éventuellement à des comprimés de Biotine, va accélérer la remise en état de la peau.

Concrètement, je propose la stratégie suivante :

  1. Hygiène intestinale pendant 3 jours consécutifs. On renouvelle 10 jours plus tard  (10 ml ou 5 gr par 10 kg de poids).
  2. A partir du 4ème jour : Hygiène du Foie pendant 7 jours consécutifs (mêmes dosages). Recommencer 1 mois plus tard.
  3. Procéder à la transition alimentaire progressive en même temps qu’hygiène intestinale.
  4. Après hygiène intestinale et hygiène du foie, ajouter chaque jour un peu de Derma’Complex et un ou plusieurs comprimés de Biotine selon la taille du chien.

Ainsi d’une manière très logique on commence par remettre en route un bon fonctionnement digestif (Hygiène intestinale). Tout commence là. Puis avec d’autres plantes (Hygiène du Foie) on stimule le foie pour optimiser la capacité d’élimination naturelle des toxiques. Enfin nourrit la peau en profondeur (Derma’Complex et ou Biotine) pour que celle-ci retrouve son intégrité le plus vite possible.

Dans les cas sévères recommencez régulièrement le processus hygiène intestinale suivi d’hygiène du foie.

La détoxification

Lorsqu’on passe d’un aliment industriel plein de toxines à un aliment sain, le foie commence à éliminer ces toxines. Dans ce cas, l’amélioration peut passer plus ou moins et parfois d’une manière sévère par une phase d’aggravation : le problème semble s’aggraver, empirer. C’est la phase de détoxification : il faut absolument laisser faire cette réaction naturelle de nettoyage. (Cf. « La détoxification »).

Conclusion

Il faudra peut-être un peu de temps pour que certains chiens retrouvent une peau en bon état. Cela dépend des individus et de l’état dans lequel ils étaient. Dans tous les cas il faut être patient et surtout ne pas mal interpréter le phénomène de détoxification. La régénération de la peau prend au minimum 2 mois. Il est clair que si pour nombre d’individus c’est un temps suffisant pour que l’état de la peau se soit considérablement amélioré, pour d’autres en revanche il faudra plus de temps.

Dans tous les cas on aura intérêt à répéter les séquences Hygiène Intestinale suivi d’hygiène du Foie.

 

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